Recherche sur les témoignages de femmes victimes de violences multiples

Une équipe de recherche au niveau du (CAP) Centre d’Aide Psychosociale de la SARP dans la région de Sidi Moussa (Mme Bouatta Cherifa, Mlle Cherabta Hassiba, Mlle Oussad Aziza) travaille pour rassembler les témoignages de plusieurs femmes qui ont subi des violences multiples dans la région de sidi moussa et ses environs.

Le but est de mettre en évidence le travail d’aide du centre de sidi moussa, mais spécialement pour laisser une trace afin ne pas oublier ce qui c’est passé pendant la décennie noire en Algérie, notamment les conséquences sociales et psychologiques des évènements traumatiques consécutifs causés par les violences terroristes dans cette région tristement célèbre pour les massacres perpétrés à la fin des années 1990 (Rais, Bentelha, Ouled slama, Bougara etc.). Un dur constat a été dressé par les professionnels de la SARP : les familles survivantes ont montré des troubles psychiques et une grande souffrance, liées aux pertes humaines, au spectacle insupportable des violences, à une situation sociale et économique des plus précaires. Il y a eu des conséquences graves, même pour les familles qui n’ont pas été directement victimes. Il ne faut pas oublier qu’elles ont assisté aux massacres de leurs voisins sans rien pouvoir faire et ils subissent maintenant les conséquences néfastes sur le pan social, économique mais surtout psychologique.

Les membres de l’équipe ont effectué depuis 2012 trente entretiens avec 30 femmes victimes des actes terroristes, ces femmes ont été bénéficiaires des différentes aides du centre de sidi moussa (CAP).

Quelques unes de ses femmes choisies, sont resté en contact avec le centre, soit parce qu’elles bénéficient encore de l’aide de l’un des services du centre, soit parce qu’elles nous rendent toujours visite et nous sommes restés malgré le temps un repère contenant et rassurant pour elles. D’autres femmes, ne viennent plus et nous avons cherché leurs coordonnées dans les dossiers et les archives du centre, afin de les convoquer, 30 femmes victimes se sont déplacés vers nous.

Durant cette année 2017, les récits de vie ont été en grande partie transcrits, quelques récits ont étés retirés, à raison de défaillance de l’enregistrement ; l’équipe de recherche vont procéder après à l’analyse du contenu, pour mettre ces témoignages en lien avec la théorie (psychologie du traumatisme, deuil, support social, résilience, changement individuel, changement social, valeurs, religion, empowerment …), afin de mieux analyser et comprendre ces faits violents.

Les témoignages, ainsi que l’analyse, seront publié sous forme d’un livre, qui demeurera pour toujours un témoin de ce qui s’est passé dans la région, mais aussi et surtout il capitalisera et conservera le travail et l’expérience de plusieurs générations de psychologues, d’intervenants sociaux et de bailleurs de fonds du CAP.

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